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Road movie to Berlin II

Notre précédent road movie avait déjà expédié l’Angleterre en Allemagne, cru aux chances de l’Irlande et réduit l’Ecosse au rang de figurant. Les surprises de la précédente journée des éliminatoires de la Coupe du Monde 2006 l’obligent à revoir sa copie.
par Richard N. - vendredi 7 octobre 2005
 

"Le foot n’est pas une science exacte", "Il n’y a plus de petites équipes", etc. les poncifs n’ont pas manqué de revenir à la mémoire suite aux résultats imprévisibles des rencontres du 7 septembre dernier. La victoire nord-Irlandaise contre l’Angleterre et celle de l’Ecosse en Norvège ont non seulement ridiculisé notre premier Road Movie du 2 septembre, mais également porté un nouvel éclairage sur les chances des sélections britanniques de finir la saison en Allemagne.

La défaite de l’Angleterre à Belfast est sans doute la plus grosse surprise de ces éliminatoires 2006. L’Irlande du Nord n’avait pas battu les Anglais depuis le 23 mai 1972, et même plus marqué le moindre but depuis le 20 mai 1980. Pour un adversaire croisé environ deux fois tous les trois ans, cela donne une idée de l’exploit réalisé par David Healy, buteur à la 74’minute d’un match désormais historique. On croyait que l’Angleterre allait droit vers Berlin, on se demande aujourd’hui si elle ne va pas plutôt droit dans le mur. Elle compte cinq points de retard sur la Pologne, mais aussi un match en moins, et se retrouve donc dans l’obligation de remporter ses deux derniers matches. Contre l’Autriche tout d’abord, puis contre la Pologne, pour une superbe finale de ce groupe 6. Si l’Angleterre se hisse au niveau de ce qu’elle représente sur le papier, la qualif ne semble pas impossible. Mais d’une équipe qui a perdu contre l’Irlande du Nord, qui encaisse quatre buts en une mi-temps à Copenhague, qui développe un jeu plutôt attentiste, on peut désormais s’attendre à tout. Le sélectionneur Sven "Boring" Eriksson a les oreilles qui sifflent. Contesté par la presse (et aussi par notre site) depuis sa prise de fonction en 2001, le Suédois a déclaré, juste avant Belfast, que son équipe était au moins aussi forte que celle du Brésil. Vu les noms qu’il aligne dans son 4-4-2 frileux, on peut lui donner raison. Et l’on est tenté d’ajouter qu’il serait vraiment dommage de priver la Coupe du Monde 2006 de tels joueurs...

Si l’Angleterre conserve donc de bonnes chances de se qualifier, ce n’est plus le cas de l’Eire, qui a perdu le match qu’il ne fallait pas perdre, contre la France. L’espoir est désormais infime de décrocher une qualification directe. Les hommes de Brian Kerr ont obligation de s’imposer dans leurs deux dernières rencontres, à Chypre puis contre la Suisse, tout en espérant que ces derniers l’aient emporté à Bâle contre les Français. Scénario plausible, mais l’Irlande a plus de chances de terminer à la deuxième place. Une victoire de la France en Suisse mettrait fin aux pronostics sur la première place. Par contre un match nul à Bâle serait favorable aux Irlandais dans la seule condition que la France perde à Saint-Denis contre... Chypre. L’horizon est d’autant plus flou que l’Eire devra se passer de Roy Keane, encore blessé. Il est même probable que le capitaine irlandais n’apparaîtra plus jamais sous le maillot vert, puisqu’il avait annoncé son départ à la fin du Mondial 2006, fin qui risque donc de se produire dans les prochains jours.

Deux victoires impératives lors des deux dernières rencontres, c’est également la nécessité de l’équipe d’Ecosse que l’on croyait résignée, mais qu’un sursaut en Norvège (victoire 2-1) précédé d’un bon résultat face à l’Italie (1-1) a fait revenir parmi les vivants. Si l’Ecosse ne peut plus terminer en tête du groupe (l’Italie a trop d’avance), elle peut toujours rêver d’une deuxième place. Les Scottish reçoivent le Belarus, où une victoire est probable, puis se déplacent en Slovénie, où ils ont autant de chances de s’imposer qu’en Norvège. S’ils emportent ces deux rencontres, les Ecossais doivent en outre espérer une peu probable défaite des Norvégiens, qui reçoivent la Moldavie et se déplacent au Belarus. Après tout, il n’est pas interdit de rêver, surtout dans une épreuve où l’on voit l’Angleterre s’incliner à Belfast.



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