Mon foot british à moi / Xavier Rivoire

Xavier Rivoire a commenté pour RTL et la BBC, voyagé pour l’Equipe et France Foot et écrit des livres sur Pires, Beckham, les Frenchies de Premier league, etc. Il s’est installé à Londres en 1996, en même temps qu’un certain Arsène Wenger, à qui il vient de consacrer son dernier ouvrage [1]. Au-delà de l’admiration qu’il voue à Arsenal et son coach, il avoue son petit faible pour Nottingham Forest.
Premier match de foot anglais au stade ?
1995 coupe de l’UEFA. Huitièmes de finale retour au City Ground entre Nottingham Forest et l’Olympique Lyonnais. Après le 0-0 du match aller, les Anglais s’étaient qualifiés grâce à un but de McGregor sur penalty. Ce rendez-vous restera marquant pour moi, inconditionnel de l’OL et très grand admirateur de Forest.
Pourquoi Forest ?
Je suis tombé amoureux de l’équipe de Brian Clough en 1979, quand elle était devenue reine de l’Europe en finale contre Malmö... Aucune autre équipe « provinciale » ne réussira ce que Forest, avec ses moyens et ses joueurs limités mais avec un entraîneur hors du commun et un groupe surmotivé a réussi : être champion d’Europe deux fois d’affilée (1979, 80). Et puis Nottingham, c’est aussi Robin des Bois et l’Angleterre profonde...
Le joueur que tu admirais le plus dans cette équipe ?
Je pourrais citer John McGovern, le capitaine emblématique, Peter Shilton, gardien exceptionnel, ou encore Trevor Francis, le héros de la finale contre Malmö à Munich, le défenseur Kenny Burns, Martin O’Neill... Mais le joeur clé de cette équipe reste à mon avis l’entraîneur, Brian Clough. Grâce à lui, Forest est parvenue à faire aussi bien que Liverpool quelques années auparavant : imposer sa loi en Angleterre et en Europe.
Aujourd’hui, Forest n’est plus qu’en League One... quels sont tes sentiments ?
Même si j’ai moins d’enthousiasme qu’avant, je continue à les suivre. Pas à la télé car ils sont en D3, mais je me tiens informé de leurs résultats. Là ils viennent de rater de peu la qualification pour les play-offs et une probable montée en D2. C’est dommage, car le club commençait à sortir d’une période catastrophique.
Quel est ton meilleur souvenir dans un stade anglais ?
A la fin de la saison 2001-02, à Highbury. Une magnifique après-midi de mai pour un tomber de rideau de toute beauté. Arsenal fêtait son titre de champion. A la fin du match, l’équipe au grand complet s’est agenouillée devant Robert Pires, sur béquilles depuis trois mois à cause de sa grave blessure au genou. Tous les Gunners (et l’encadrement) remerciaient ainsi "Robbie" pour sa magnifique saison, ses buts, ses passes décisives mais aussi son entrain et sa classe qui avaient mis Arsenal sur les rails de la victoire. Tout autour, le public accompagnait cet hommage. C’est l’un des instants de partage et de communion les plus émouvants qui m’ait été donné de voir.
Quels sont les supporters que tu admires le plus en Angleterre ?
Ceux de Liverpool. Il n’y a qu’à se rappeler la finale de Ligue des champions contre le Milan. Menés 3-0, ils chantaient en coeur à la mi-temps : « On va vous en marquer 4 » Ils avaient entièrement raison d’y croire !
Quels sont les joueurs du championnat anglais qui t’ont le plus marqué ces dix dernières années ?
J’en citerai deux. Cantona et Ginola. Les faux-frères, les vrais « dissemblants ». Leur duel de 1995 (Manchester United - Newcastle) fut magnifique. J’aimais modérément Canto et passionnément Gino, il fallait bien choisir son camp ! Quelle lutte épique, quelle période historique !
Qu’y a-t-il de bon et de mauvais dans le foot anglais aujourd’hui ?
De bon : le niveau athlétique. De mauvais : le fric. Voilà pour faire simple. Il faudrait une thèse pour répondre à cette question et ma tasse de thé m’attend...
Le foot anglais, c’était mieux avant ?
Oui. Mais comme je ne veux pas paraître nostalgique et vieux chauve, je dirai que ce n’est pas mal aujourd’hui non plus.
Tu viens de sortir une biographie sur Arsène Wenger...
Oui, car je voulais mieux le faire connaître en France. On parle beaucoup du technicien, mais le personnage reste assez méconnu en réalité. En le suivant dans les coulisses du club, on se rend vite compte de l’importance de son travail dans la réussite d’Arsenal. Peu d’étrangers ont connu autant de succès que lui en Premier league.
Où seras-tu le 9 juillet quand l’Angleterre remportera la Coupe du Monde ?
Peut-être pas à Berlin. En revanche je compte bien être au Stade de France quand Arsenal remportera la Champions league.
[1] Arsènal Wenger, le coach, aux éditions Mango. Pour plus d’infos, rendez-vous sur www.noblesauvage.com

"À voir le petit Arsène cirer assidûment les bancs alsaciens et à ressentir sa passion naissante pour le football, rien ne semblait le destiner à devenir l’imposant Wenger, redouté etadmiré de tous. De Duttlenheim à Arsenal, l’Alsacien s’est construit une philosophie et une personnalité inspirées de ses valeurs régionales. Considéré comme l’un des plusgrands techniciens du football moderne, Arsène Wenger est croqué par la plume investigatrice de XavierRivoire, dans un ouvrage truffé d’anecdotes et de révélations inédites. Le conflit avec Bernard Tapie, la découverte du Japon, la haine d’Alex Ferguson, les négociations salariales et surtout sa formidable réussite sportive avec Arsenal depuis 10 ans."
