Die before I get old...

Big Duncan n’avait que 21 ans quand il est décédé, victime de ce terrible accident d’avion de Munich, le 6 février 1958. Ce vitrail est d’autant plus touchant qu’il a été payé en majeure partie par un fan de foot. Qui était ce joueur, dont la mort continue de hanter nos souvenirs, 46 ans après ?
Ceux qui l’ont vu jouer, et ils sont relativement peu nombreux, parlent d’un colosse comme on en voit qu’une fois par génération. Ils n’ont jamais oublié. Tommy Docherty, ancien manager de Manchester United disait de lui : « Vous pouvez oublier tous vos Best, Pelé ou Maradona, Duncan était le plus grand ! » Bobby Charlton, ex-coéquipier de Duncan et survivant de la catastrophe ajoutait : « Si je devais jouer pour ma vie et, pour cela, n’être accompagné que d’un seul coéquipier, ce serait Duncan Edwards ! » tout en mentionnant que Duncan Edwards était le seul joueur qui le faisait se « sentir inférieur. » Pour Sir Matt Busby, il était simplement « le meilleur joueur au monde »
Bien qu’ayant joué moins de 5 saisons complètes à Manchester, il a laissé une telle impression que même le temps est incapable d’effacer.

Edwards est né à Dudley, Worcestershire, le 1 er Octobre 1936. L’ayant vu évoluer au milieu de ces camarades, un professeur d’école écrit à un ami : « Je viens de voir un joueur de 11 ans qui portera un jour le maillot de l’Angleterre. » Il narre également que Duncan « disait aux 21 autres joueurs comment se placer sur le terrain, et ça incluait les arbitres ! »
Il rejoint Manchester United le jour de ses 15 ans. Bert Whalley, alors coach de Manchester United, n’avait pas hésité à rouler toute la nuit pour pouvoir le signer au premières heures de son 15 ème anniversaire, âge qui lui permettait légalement de passer professionnel.
Il fait ses débuts pro contre Cardiff City, en avril 1953. Bien que milieu gauche de formation, il pouvait évoluer à d’autres postes. Il fit même quelques piges en tant qu’avant centre. A 18 ans et 183 jours, il devient le plus jeune international Anglais, record qui sera battu seulement en 1998 par Michael Owen.
En 1955-56, Big Duncan remporte le premier de ses deux titres de champion consécutif. Qualifiés pour la Coupe d’Europe, les "Busby Babes" [1] allaient de suite faire forte impression, étrillant Anderlecht 12-0 (sur les deux matchs) avant d’éliminer le Borussia Dortmund et l’Atletic Bilbao. Leur joli parcours s’arrête en demi-finale contre les futurs vainqueurs, le Real Madrid. Cette même saison, ils remportent facilement leur deuxième titre « in a row », avec 11 points d’avance sur le deuxième. Malgré un échec en finale de la Cup, les Busby Babes sont fin prêts pour briller à nouveau sur la scène européenne. Ils atteignent aisément les quarts de finale. Après avoir battu les Shamrock Rovers et le Dukla Prague, le tirage au sort leur offre l’Etoile Rouge de Belgrade. Ils remportent le match aller 2-1 et se qualifient au match retour grâce à un joli match nul à Belgrade, 3 buts partout. Comme l’année passée, les coéquipiers d’Edwards atteignent les demi-finales. Le Milan AC sera leur prochain adversaire. Mais de match, il n’y eut point. Ce 3-3 allait s’avérer être le dernier match d’Edwards, le lendemain...
Ce jour là, l’avion qui ramenait les joueurs victorieux sur leur île avait dû s’arrêter à Munich pour faire le plein d’essence. Le sol était enneigé. Lors de la troisième tentative de décollage, l’avion heurtait une clôture et allait s’écraser 200 mètres plus loin.
Ce jour là, le 6 février 1958, une équipe est morte.
21 personnes furent retrouvées mortes, parmi lesquelles 7 Busby Babes. Matt Busby, lui, allait survivre. Pendant que des enfants recouvraient leurs murs de posters à la gloire de ces héros déchus, les adultes priaient pour les blessés. Parmi eux, Duncan Edwards allait mourir de ces terribles blessures quinze jours plus tard.
En 1968, Matt Busby, lui qui n’avait cessé de repenser à cette tragédie, réalisait enfin son rêve : remporter cette Coupe d’Europe.
46 ans après, il nous reste de Duncan Edwards ... des souvenirs, avant tout. Des souvenirs d’un joueur dont on ne saura jamais tout ce qu’il aurait pu réaliser. Il aurait eu 29 ans en 1966...
[1] les "enfants de Busby", surnom donné à la jeune équipe coachée par Matt Busby
