Boxing Day

Le 26 décembre est un jour férié en Grande-Bretagne, tout comme le 25. Ce jour est appelé Boxing Day. Soyons précis, le Boxing Day n’est pas obligatoirement le 26 décembre. C’est en réalité le premier jour travaillé après le 25 décembre. Cela peut donc être le 27 ou le 28 si Noël a lieu un vendredi ou un samedi, comme c’est le cas cette année d’ailleurs. Enfin bref...
Pour trouver l’origine de ce jour chômé, il faut remonter au Moyen-Âge. L’« Angleterre d’en bas », travaillant en tant que domestique, majordome ou cuisinier pour celle d’en haut était bien entendu réquisitionnée pour s’occuper de ses employeurs le jour de Noël. Ils n’étaient autorisés à rejoindre leur propre famille le 26 décembre seulement, les bras pleins de « Christmas Boxes » (d’où le nom de Boxing Day)
Il est actuellement de coutume que les propriétaires terriens offrent un cadeau aux personnes qui leur rendent service tout au long de l’année, comme le « Paperboy. » Ces cadeaux, offerts la semaine précédant Noël sont toujours appelés Christmas Boxes, bien qu’aucune boîte ne soit plus utilisée depuis longtemps.
Les différences sociales étant moindres actuellement qu’il y a quelques siècles (malgré les efforts de Thatcher en la matière), ce jour férié est moins célébré qu’auparavant. La plupart des gens fêtent Noël en famille, et occupent leur Boxing Day à faire du shopping ou voir des matchs.
C’est sûrement la raison pour laquelle on recense tant d’événements sportifs en ce jour, et le football n’échappe pas à la règle. Depuis la naissance du foot ou presque, il y a une journée de championnat un 26 décembre.
Pour être honnête, on n’a pas trouvé la raison exacte, mais l’on peut raisonnablement penser que l’on décida d’organiser des matches de foot ce jour-là comme l’on décida d’en organiser le samedi, c’est à dire le jour oú les ouvriers ont leur journée de libre. Et comme au début du siècle, il n’y avait d’autres loisirs familiaux que d’aller au stade. Aujourd’hui, les matches du Boxing Day sont maintenus sous la pression des télévisions, qui enregistrent souvent leurs meilleures audiences.
Cette journée du Boxing Day, et surtout l’absence de trêve hivernale, surprend souvent les joueurs et entraîneurs continentaux lorsqu’ils ont signé dans un club anglais. L’éternel mécontent Arsène Wenger est notamment monté au créneau pour permettre à ses joueurs de passer Noël en famille, prétextant que "les clubs anglais sont désavantagés sur la scène européenne en deuxième partie de saison, quand il s’agit par exemple de rencontrer le Bayern de Munich qui a eu un mois et demi de repos". Son discours est relayé par Sven Goran Eriksson, le sélectionneur de l’équipe nationale, qui s’est plaint que "l’équipe anglaise manquait de fraîcheur en juin au moment des grands tournois (Coupe du monde, Euro)". Il a en ceci été rejoint par Gérard Houllier et même Alex Ferguson. En Ecosse, Alex McLeish et Martin O’Neill, manager des deux clubs de Glasgow, ne disent pas le contraire et militent également pour une trêve hivernale.
Combat en partie gagnée en Angleterre oú le championnat fait cette saison relâche entre le 3 et le 15 janvier. Par contre, cette trêve est précédée d’un calendrier infernal de quatre matches en dix jours. On ne touche pas au Boxing Day.
Reste à espérer que cette trêve difficilement acquise ne sera pas utilisée, par les clubs les plus riches notamment, pour de lucratives tournées quelque part au bout du monde. Mais çà, c’est une autre histoire.
