The rise and fall of West Ham

West Ham avait 108 ans. Mourir à 108 ans en 2003, c’est avoir connu trois siècles, deux millénaires, c’est avoir vu le football naître, évoluer de manière exponentielle au début du 20ème siècle de ce coté-ci de la Manche, patrie originelle du plus célèbre jeu de balle au monde. C’est finalement avoir connu le football business de la fin du siècle dernier. Mais, mourir en 2003, c’est aussi partir à temps pour ne pas voir les dérives à venir de ce foot business auquel il n’a jamais su s’accommoder. Et c’est peut-être mieux comme ça...
Le club a été fondé en 1895 en tant qu’équipe de l’entreprise Thames Ironworks, chantier de constructions navales. Arnold Hills, alors à la tête de l’entreprise devient le sponsor principal du club. En 1900, le club fut admis en Southern League (la « Ligue du Sud » étant la réplique amateur de la « Football League », le championnat référence) et devint une société à responsabilité limitée sous le nom de West Ham United. Si ce nom date donc de 1900, les premiers balbutiements du club remontent bien à 1895.
Wembley-West Ham, une histoire commune
Si West Ham n’a pas le palmarès d’un club comme Manchester United ou Liverpool, et qu’il a donc beaucoup moins foulé la pelouse du Wembley Stadium que ces deux clubs, il existe un lien étrange entre le club de l’East London et le stade situé au Nord de Londres.
1923, les Hammers finissent 2ème de la 2nd Division (rejoint après la guerre) et se hissent en finale de la Cup, 48ème du nom, mais premier match officiel ayant lieu à Wembley, fini quelques jours plus tôt. Le match va rester célèbre, pour deux raisons : la foule et le White Horse incident. Le football, principale distraction dans cette Angleterre d’après-guerre, est devenu LE sport populaire, tant et si bien que 200.000 personnes se pressent cet après-midi là pour assister à cet évènement. La pelouse devant être évacuée, interviennent alors Georges Scorey, sergent de la police londonienne et Billy , le « now famous White Horse ». Si la FA n’eut de cesse de remercier le Bobbie consciencieux en lui offrant de nombreux tickets gratuits pour assister aux finales des années suivantes, il n’en alla pas de même de la part des dirigeants de West Ham. En effet, le sergent est accusé, avec son cheval, d’avoir labouré les ailes du terrain où les ailiers Richards et Ruffell étaient censés faire la différence. Ces derniers avaient passé leur temps à se tordre les chevilles, et Bolton avait gagné 2-0.
West Ham retrouve Wembley en 1965. Il s’agit, pour l’un comme pour l’autre de leur première finale de la Coupe d’Europe des Vainqueurs de Coupe. C’est également la première finale de C2 sans présence latine. West Ham y bat Munich 1860 2 à 0. Cette finale laissa un merveilleux souvenir de loyauté et de plaisir. Le Comité International du Fair-Play choisit d’ailleurs les acteurs, le public et l’arbitre de cette finale, le Hongrois Szolt, pour leur décerner son trophée annuel sous l’égide de l’Unesco. On est donc en 1965. On ne le sait pas encore, mais près d’un an plus tard, les Irons règneront sur le monde du football...
West Ham, champion du monde
30 juillet 1966. Angleterre - Allemagne. Une victoire en Coupe du Monde n’a jamais été autant liée à celle d’un club. Ce jour-là, trois joueurs des Hammers sont titulaires, Bobby Moore le capitaine, Geoff Hurst et Martin Peters. Dans cette finale restée célèbre pour un but litigieux accordé aux Anglais, les Hammers vont survoler le match. Hurst marquera trois fois (officiellement du moins) et reste à ce jour ‘the only player ever’ à avoir mis trois buts en finale de Coupe du Monde. Avec Moore soulevant la Coupe Jules Rimet et Peters marquant l’autre but anglais de la finale, la plupart des fans des Hammers vous diront que c’est West Ham, et non l’Angleterre, qui a gagné cette Coupe du monde.
Finalement, comment être surpris de la disparition de ce club la même année que la destruction des fameuses Tours (pas celles du WTC) ?

Dix entraîneurs en 108 ans
A l’heure actuelle, où le renvoi de coach est par trop systématique, c’est rafraîchissant de voir qu’un village d’irréductibles Hammers résiste. En effet, depuis 1895, le club n’a connu que 10 coachs, Syd King, Charlie Paynter, Ted Fenton, Ron Greenwood, John Lyall, Lou Macari, Billy Bonds, Harry Redknapp, Glenn Roeder et depuis peu Alan Pardew. Glenn Roeder, par exemple, a toujours eu la confiance du Board l’année passée, alors qu’il aurait sans doute été renvoyé dès le mois de novembre dans un autre club.
Autre particularité, tous les joueurs ayant marqué l’histoire du club sont des joueurs locaux. Bobby Moore et Trevor Brooking sont nés à Barking, le quartier voisin de celui d’Upton Park, Billy Bonds et Martin Peters sont des Londoniens, tout comme la nouvelle génération, Ferdinand, Cole et Defoe.
West Ham n’a-t-il pas su s’adapter aux exigences du football moderne ? On peut le penser. Bolton s’est maintenu avec une équipe de mercenaires, sans âme (à la lutte avec West Ham jusqu’à la dernière journée, Bolton s’état sauvé in extremis, ndlr). Comme le montre le Real ou Chelsea actuellement, le football n’est plus qu’une somme d’individualités. West Ham essayé de garder son identité, Cole étant capitaine une bonne partie de la saison, Johnson (18 ans) prenant la place de Schemmel. Ca n’a pas suffi. Au moins auront-ils été au bout de leur logique...et c’est finalement très bien.
Il reste néanmoins un passé riche, avec trois Cup, un Charity Shield, une Coupe des Coupes, une Coupe du Monde. Et, si le club est mort la saison passée, sa flamme continue actuellement de briller tous les week-end sur les terrains de Premier League, à travers Ferdinand, Cole, Defoe, Sinclair ou Redknapp avec Portsmouth.
West Ham est mort, vive West Ham...
