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Il y a 101 ans, déjà...

Hasard du calendrier, trois rencontres franco-anglaises vont avoir lieu cette semaine en ligue des Champions. C’est l’occasion pour nous de revenir sur le premier match de ce genre. C’était en 1903.
par Yann Rush - lundi 13 septembre 2004
 

C’est dans la capitale que le 11 avril 1903 se disputa le premier match international d’une sélection française, bâtie tant bien que mal, avec des Normands, des Nordistes et des Parisiens, entre deux finales du championnat national qui voyaient s’affronter le Racing de Roubaix et le Racing de France. Premier match, et première raclée 11-0. Il faut dire que l’Angleterre était habitué à ce genre de joutes. En 1872, déjà, un premier Ecosse-Angleterre s’était joué à Glasgow devant une foule enthousiaste.

Ernest Weber, chroniqueur au journal L’Auto, écrivait ainsi le lendemain du match : " Je connais un peintre très épris de son art et montrant un certain talent, qui hésite à visiter les musées parce qu’il en sort avec le désir de brûler ses pinceaux, effrayé qu’il est du génie des grands maîtres. Il me semble que si j’étais joueur, de ceux que nous disons brillants, j’aurais imité ce peintre et résolu de ne plus toucher un ballon, après avoir vu la partie de samedi dernier. Ce ne sont pas des joueurs de football qui sont venus nous visiter, ce sont des footballeurs, maîtres incontestables qui ont laissé dans un émerveillement stupéfait les 1500 personnes venues pour applaudir et que la surprise a retenues.

Je ne saurais trouver les mots qu’il faut pour dire mon admiration et ma joie d’avoir vu jouer le Football Association comme je rêvais qu’il était possible de le jouer. Ainsi des hommes peuvent réellement passer tous leurs adversaires sans les toucher, peuvent se servir d’un ballon avec une telle précision qu’il va où ils veulent, lui donnent un effet nécessaire pour une passe, des hommes qui aiment jouer pour que leur équipe gagne.

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L’équipe nationale d’Angleterre, début du XXème siècle

Voila qui ne se voit pas chez nous, des hommes qui ne pensent pas que demain les journaux sportifs diront qui a marqué les buts. Il leur suffira de savoir que l’équipe dont ils portaient les couleurs a remporté la victoire.

Il n’y a pas à mon avis de raison pour que nos joueurs français ne deviennent pas aussi adroits que les Anglais, en réservant bien entendu la condition sine qua non d’un entraînement bien compris et sérieux. Mais ce qui me paraît impossible à obtenir, c’est que les personnalités disparaissent pour ne laisser qu’une ligne de joueurs où il n’est pas possible de savoir lequel porte le jeu chez les adversaires. Ils étaient venus parce qu’ils croyaient que leur présence était utile à la Football Association. C’est vrai. Déjà des essais ont été faits sur différents terrains, au Club Français, au Racing. Des résolutions ont été prises ; par Allemane et par d’autres qui ne veulent plus entendre parler des coups de pied longs..."

Que dire de plus ?

Source : "L’Equipe de France de Football" de Jean-Philippe Retacker, 1976.


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